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LES MAUVAISES HERBES : UN RÉGAL POUR LES SORCIER.E.S MODERNES !

par Swana Leitner

Ortie, pissenlit, trèfle, plantain, bourrache, chardon et lierre : ces plantes sauvages sont courantes et poussent partout, même en ville. On les appelle "mauvaises herbes" ou "chiendent", on les arrache et les piétine, et pourtant ! Indifférentes au mépris, elles gardent tous leurs trésors cachés, prêtes à les offrir à qui sait les apprécier...


L'essor de la naturopathie, l'envie de revenir aux recettes de "bonne fame" ou encore, parfois, la nécessité économique, ont permis à ces plantes d'être redécouvertes. Les sorties nature et cueillettes sauvages, régals des citadins, sont pour beaucoup dans leur réhabilitation. Passons en revue les plus communes de ces nobles dames !


L'ortie 


Il y en a partout, on s'y frotte et on s'y pique, et les souvenirs d'enfance qui nous ont vus tomber tout entiers dedans en jouant sont encore assez cuisants pour qu'on évite de les approcher ! 


Et pourtant, cette vilaine herbe si crainte, quelle mine d'or ! L'ortie est riche en nutriments : elle contient plus de 100% des AJR en calcium, fer, magnésium, manganèse, vitamine A et vitamine C. A noter : la présence en quantités importantes à la fois de fer et de vitamine C optimise énormément l'assimilation du fer, ce qui fait de l'ortie l'alliée idéale contre l'anémie ! 

En plus de cela, l'ortie est disponible presque toute l'année, facile à utiliser et gratuite. Beaucoup de qualités pour une seule plante, non ? 


L'ortie présente, à l'époque de la floraison, un aspect différent suivant les pieds. Il est facile de les distinguer : les fleurs des mâles sont dressées à l'horizontale, tandis que les fleurs femelles sont plutôt tombantes. Les qualités nutritives ne varient pas en fonction du genre. 


L'ortie est souvent confondue avec le lamier blanc, qui lui, n'est pas urticant (mais qui est comestible aussi). Vous pourrez d'ailleurs vous amuser à bluffer vos amis en les attrapant à pleines mains sans signe de douleur ! Le lamier blanc a des feuilles de forme très similaire à celles de l'ortie, mais présente des fleurs blanches. Il est comestible également, émincé fin sur les salades.


Alors que faire de notre belle ortie ? Plusieurs possibilités : la cueillir et la faire sécher pour l'utiliser en tisane ou broyée et saupoudrée sur les plats, l'émincer fraîche sur les salades, ou bien en faire de la soupe. Une petite recette toute simple est proposée ici, pour commencer à apprivoiser cette délicieuse mal-aimée au goût sauvage :


La soupe des sorcières


Cueillez (avec des gants !) une grosse brassée de feuilles, en sélectionnant uniquement les sommités des tiges et en évitant surtout d'arracher le plant entier avec la racine ! Les faire tremper 10 minutes dans de l'eau claire puis rincer. Répéter l'opération 3 fois pour venir à bout de toutes les poussières et petites bêtes curieuses. Faire revenir un oignon émincé dans un filet d'huile d'olive, puis y déposer les orties. Couvrir d'eau et ajouter un cube de bouillon. Faire cuire à petits bouillons durant 20 minutes. Mixer, et voilà ! Accompagner de pain grillé ou de croûtons si vous le souhaitez. 

Cette soupe est riche et reminéralisante, et fera du bien à tous les organismes fatigués et surmenés. Toutefois, en raison de sa concentration en nutriments, il convient de ne pas en abuser : 2 à 3 fois par semaine maximum. Vous pouvez cependant utiliser l'ortie en petites quantités en guise d'herbe à salade plus régulièrement.


Le pissenlit


On l'aime pour ses jolies fleurs jaune vif, mais pas pour ses racines profondes difficiles à déloger dans nos jardins... Or, tout se mange dans le pissenlit ! De la racine, pouvant être consommée sèche en décoction pour ses vertus médicinales, aux feuilles qu'on ajoutera jeunes à nos salades vertes, jusqu'aux fleurs qu'on peut mettre dans nos omelettes ou en ornement de plats. Par son amertume, le pissenlit stimule le foie et en constitue l'allié parfait au printemps, lorsque le moment vient de détoxifier notre organisme après l'enfermement et l'alimentation riche de l'hiver.


Le trèfle 


Après vous être amusé à chercher des trèfles à 4 feuilles, vous pourrez vous porter bonheur en récoltant les fleurs, qui sont très bonnes en infusion ou en décoration (comestible) de plats !


Le plantain


Ces feuilles rainurées, longues (plantain lancéolé) ou rondes (plantain tout court) qui poussent à foison dans les pelouses et les prés sont faciles à intégrer à une salade car leur goût est discret. Excellente contre les maux respiratoires, c'est une plante riches en minéraux, comme toutes ses amies sauvages.


Le lierre terrestre


A ne pas confondre avec son cousin le lierre grimpant, le lierre terrestre possède de jolies feuilles d'un vert délicat. Il a un goût bien marqué et agrémentera les plats salés comme sucrés. On le trouve en général dans les sous-bois et les zones ombragées et fraîches.


La liste des plantes sauvages comestibles est longue et délicieuse. Pour vous plonger dans ce monde merveilleux, suivez les conseils en vidéo de Christophe de Hody : https://www.lechemindelanature.com, ou bien lisez l'excellent ouvrage de Marie-Claude Paume : Sauvages et comestibles, chez Edisud.